Le rapport en deux mots
L’étude répond à l’article 45 de la loi du 10 mars 2023 relative à l’accélération des énergies renouvelables, qui demandait au Gouvernement d’évaluer l’intérêt des revêtements réfléchissants sur les toitures. Le CSTB l’a réalisée pour la Direction de l’habitat, de l’urbanisme et des paysages, avec le moteur de calcul horaire de la réglementation environnementale RE2020, sur trois bâtiments tertiaires types : un immeuble de bureaux à un étage, un commerce de plain-pied et une école, chacun en version récente et en version « ancienne » isolée comme dans les années 1990, dans trois zones climatiques, Lyon, l’Ouest et le pourtour méditerranéen. La toiture de référence absorbe 60 % du rayonnement solaire ; la peinture neuve en absorbe 10 %.
Sa conclusion tient en une phrase : la généralisation de ces peintures sur le tertiaire ne semble pas une solution efficace, mais elles présentent un intérêt dans des cas spécifiques, zone chaude, bâtiments faiblement isolés et peu vitrés, commerces, entrepôts, data centers. Le rapport demande aussi des mesures de terrain, qui manquent, et une attention aux eaux pluviales.
Les chiffres du rapport
| Ce que le CSTB simule | Résultat |
|---|---|
| Besoin de froid, tertiaire isolé des années 1990 | −12 à −23 %, soit 0,9 à 3,5 kWh par m² et par an ; jusqu’à 10,6 kWh/m².an pour un commerce ancien en zone méditerranéenne |
| Inconfort d’été, bâtiments existants | −14 à −20 % de degrés-heures au-dessus du seuil de confort |
| Chauffage | +0,5 à +6,3 %, soit 0,1 à 3,5 kWh par m² et par an ; dans l’Ouest, pour le commerce ancien, la hausse compense la baisse du froid |
| Bâtiments à étages | seul le niveau sous la toiture est concerné : −5 % de froid au dernier étage d’un R+3 ne font que −1,7 % pour l’immeuble |
| Peinture vieillie, absorption 0,4 | gain divisé par deux |
| Isolation ou peinture | sur une toiture peu isolée, l’isolation est plus efficace parce qu’elle agit aussi l’hiver ; les deux se combinent quand l’épaisseur d’isolant est limitée |
Ces résultats valent pour ce qui a été simulé : des toitures dont le coefficient de transmission ne dépasse pas 1 W/m².K, des bâtiments tertiaires chauffés et climatisés, trois climats français.
Ce que le rapport ne couvre pas
- Les toitures non isolées. Un bac acier simple peau transmet quatre à sept fois plus qu’une toiture des années 1990. Le CSTB n’a simulé aucun cas de ce type ; il indique seulement que l’effet de la peinture croît avec le coefficient de transmission de la toiture. C’est pourtant le cas des entrepôts, ateliers, bâtiments agricoles et halls industriels qui forment l’essentiel de nos chantiers.
- Les entrepôts et les ateliers. Les trois bâtiments types sont un bureau, un commerce et une école. Aucun bâtiment de plain-pied non chauffé, aucun process, aucune marchandise sensible à la chaleur.
- Les mesures de terrain. Le rapport n’en contient aucune et recommande d’en réaliser.
- Le confort, la productivité, la continuité d’activité, la durée de vie de l’étanchéité, l’îlot de chaleur. Cités comme réels, non chiffrés.
- Le couplage avec le photovoltaïque. Non étudié.
- Les aides. Le bilan économique du rapport ne compte ni la fiche CEE BAT-EN-112, ni le Fonds Vert, ni les aides locales.
Les réserves du CSTB, et nos réponses
« L’hiver reprend une partie du gain d’été »
Ce que dit le rapport. Une toiture blanche renvoie aussi le soleil d’hiver. Sur un bâtiment chauffé et isolé, en zone tempérée, le surcoût de chauffage peut effacer une bonne part de l’économie de climatisation.
Ce que nous faisons. Nous le disons avant qu’on nous le demande. Notre simulateur affiche le surcoût de chauffage selon votre énergie, pompe à chaleur, gaz ou électrique, et le retranche du bilan. Il montre aussi qu’un bâtiment non chauffé ou maintenu hors gel, cas de la plupart des entrepôts, des ateliers et des bâtiments agricoles, n’a aucun surcoût d’hiver, et qu’en zone chaude le gain d’été domine. Nous ne proposons pas de cool roof à un immeuble de bureaux bien isolé du Nord pour faire des économies d’énergie.
« La peinture s’encrasse et les durées annoncées sont irréalistes »
Ce que dit le rapport. La réflectance d’une peinture blanche peut perdre 0,15 la première année, surtout sans entretien ; les durées de vingt ans annoncées par certains fabricants sont jugées irréalistes par les experts consultés, qui parlent de dix ans pour les meilleures acryliques.
Ce que nous faisons. Nous ne promettons pas vingt ans. Le système PrimaTherm® comprend une finition anti-encrassement, et son indice de réflexion solaire mesuré en laboratoire passe de 120 à 119 après 4 000 heures de vieillissement accéléré, ce qui renseigne sur la tenue aux UV, pas sur l’encrassement. Nous recommandons un nettoyage à basse pression périodique, nous mesurons la température de surface et la réflectance de nos chantiers dans le temps, et nous publierons ces relevés. Chaque gain est annoncé avec « jusqu’à », jamais comme une garantie de performance.
« Technique non courante, assurance, compatibilité des supports »
Ce que dit le rapport. Les peintures réfléchissantes n’ont pas d’avis technique, l’applicateur doit déclarer l’activité à son assureur, la compatibilité avec chaque étanchéité doit être vérifiée, la pente doit permettre l’écoulement de l’eau.
Ce que nous faisons. Hélios est assuré au titre de son activité de peinture, déclarée comme telle ; nous n’intervenons pas sur la fonction d’étanchéité et nous ne la garantissons pas. Chaque support est qualifié au diagnostic : bac acier, membrane bitumineuse, membrane PVC seulement si elle est posée depuis plus de dix ans et après test d’adhérence, fibrociment hors amiante. Les zones de stagnation d’eau et les évacuations sont relevées avant l’application ; les contrôles d’épaisseur et les relevés figurent dans le dossier des ouvrages exécutés. Voir nos garanties et certifications.
« Seul le dernier étage en profite »
Ce que dit le rapport. Dans un immeuble, la toiture n’agit que sur le niveau situé dessous.
Ce que nous faisons. Nous sommes d’accord, et nos chantiers sont des bâtiments de plain-pied ou de grands volumes sous toiture : halls, ateliers, entrepôts, écoles de plain-pied, commerces. Quand un bâtiment a des étages, le simulateur le signale et l’étude rapporte le gain au seul niveau concerné.
« Les eaux pluviales »
Ce que dit le rapport. Les peintures en toiture peuvent relarguer des composés dans les eaux de pluie ; le CSTB demande la déclaration des compositions, des essais normalisés et la reconnaissance du cheminement des eaux avant application.
Ce que nous faisons. Les fiches de données de sécurité des produits sont disponibles sur demande ; les eaux de rinçage du matériel ne sont jamais rejetées au réseau ; le cheminement des eaux pluviales du site est reconnu au diagnostic. Nous avons demandé au fabricant les données de relargage que le rapport appelle de ses vœux, et nous les publierons.
« La fin de vie de la membrane »
Ce que dit le rapport. Une membrane recouverte d’une peinture pourrait être requalifiée en déchet dangereux lors de sa dépose, selon la composition de la peinture.
Ce que nous faisons. La question dépend de chaque produit : la composition du système que nous appliquons est documentée dans ses fiches de données de sécurité, communiquées sur demande, et nous suivons l’évolution de la réglementation sur les substances concernées avec le fabricant.
Les cas favorables du CSTB sont nos chantiers
Un hall en bac acier simple peau qui dépasse 60 °C en surface au mois de juin, une membrane de plus de dix ans sur un atelier en vallée du Rhône, un entrepôt logistique sans chauffage, une école de plain-pied dont les classes deviennent inutilisables en juin : ce sont les bâtiments que décrit le rapport quand il parle de toitures faiblement isolées et peu vitrées, et ce sont les nôtres. À la réception, nous mesurons l’écart entre la zone traitée et une zone témoin, à la même heure : 57,8 °C contre 28,6 °C sur une toiture de 5 900 m² à Marignane en juin 2026, 60,3 °C contre 29,6 °C sur une membrane PVC au Teil en avril 2026, 43,7 °C contre 26,4 °C en sous-face à Marignane. Toutes nos réalisations publient leurs relevés.
Comment nous travaillons avec ce rapport
- Un simulateur calé sur ses tableaux. Le simulateur reprend les variations de besoin de froid et de chauffage publiées par le CSTB pour le tertiaire isolé, les étend à votre isolation et à votre teinte de toiture par la physique de la paroi, et affiche « extrapolé » dès qu’il sort du domaine simulé. Il n’affiche aucun euro : l’étude le fait, sur vos consommations réelles.
- Des mesures, pas des promesses. Thermomètre infrarouge et caméra thermique à la réception, zone traitée contre zone témoin, relevés datés dans le dossier des ouvrages exécutés, suivi dans le temps.
- Des valeurs certifiées. Réflectance solaire 95 %, émissivité 0,89, indice SRI 120 selon les normes ASTM, classement au feu Broof(t3) selon le rapport d’essai du CSTB ; rien d’autre n’est avancé.
- Le bon bâtiment, ou pas de chantier. Quand un bâtiment n’est pas dans les cas favorables, l’étude le dit et nous le disons.
Sources
- CSTB pour la DHUP, Étude d’impact des peintures réfléchissantes mises en œuvre en toiture de bâtiments tertiaires, rapport du 25 juin 2024, 112 pages, publié en 2026 : rt-re-batiment.developpement-durable.gouv.fr.
- Nos valeurs certifiées et rapports d’essais : certifications PrimaTherm®.
- Nos relevés de chantier : réalisations.
Questions fréquentes
Le CSTB déconseille-t-il les toitures réfléchissantes ?
Il déconseille leur généralisation à tout le tertiaire et il a raison : sur un immeuble de bureaux bien isolé et chauffé, en zone tempérée, le gain d’été est faible et l’hiver en reprend une partie. Le même rapport écrit que l’intérêt existe dans des cas précis : zone chaude, bâtiments faiblement isolés et peu vitrés, commerces, entrepôts, data centers. Ce sont les bâtiments que nous traitons.
Mon bâtiment entre-t-il dans les cas favorables ?
Trois questions suffisent : la toiture est-elle peu ou pas isolée (bac acier simple peau, membrane sur hall ancien) ? Le bâtiment est-il de plain-pied ou le dernier niveau est-il celui qui compte ? Est-il peu ou pas chauffé, ou situé en zone chaude ? Deux oui sur trois placent le projet dans la zone favorable du rapport. Le simulateur le vérifie en deux minutes, et le dit quand il sort du domaine simulé par le CSTB.
Que vaut une simulation face à une mesure ?
Le rapport repose sur un moteur de calcul réglementaire appliqué à trois bâtiments types ; il ne contient aucune mesure de terrain et le recommande lui-même. Nous mesurons chaque chantier à la réception, zone traitée contre zone témoin, à la même heure, et nous remettons ces relevés dans le dossier des ouvrages exécutés. Les deux approches se complètent : la simulation fixe les ordres de grandeur, la mesure tranche sur votre toiture.
Faut-il isoler plutôt que peindre ?
Quand l’isolation est possible, elle est plus efficace sur une toiture peu isolée, parce qu’elle agit aussi l’hiver : le rapport le dit et nous ne le contestons pas. Un cool roof ne remplace pas une isolation. Il s’applique quand l’isolation est impossible ou différée, bac acier simple peau qui ne supporte pas de surcharge, membrane en place, budget ou délai contraints, et il se combine avec une isolation existante dont l’épaisseur est limitée.
Où lire le rapport ?
Sur le site du ministère de la Transition écologique, rubrique RT-RE bâtiment : « Étude d’impact des peintures réfléchissantes mises en œuvre en toiture de bâtiments tertiaires », CSTB pour la DHUP, 25 juin 2024, 112 pages, téléchargeable gratuitement. Le lien figure en bas de cette page.
