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Technique

Lire un rapport d’essai de réflectance, d’émissivité et de SRI : normes, neuf et vieilli

Un rapport d’essai crédible nomme le laboratoire, identifie l’échantillon, cite trois normes (ASTM E903 pour la réflectance solaire, ASTM C1371 pour l’émissivité, ASTM E1980 pour le calcul du SRI), donne une incertitude et, idéalement, une valeur après vieillissement. Pour PrimaTherm®, les rapports Tipee établissent 95 % de réflectance, 0,89 d’émissivité, un SRI de 120 à l’état neuf et de 119 après 4 000 h de vieillissement accéléré ; tout chiffre qui n’est pas accompagné de ces éléments est une affirmation, pas une mesure.

Mis à jour le 17 septembre 2026 · Hélios Solution Cool Roof

Ce qu’il faut retenir

  • Trois mesures normées : la réflectance solaire (ASTM E903, spectrophotomètre à sphère intégrante), l’émissivité thermique (ASTM C1371, émissomètre portable) et le SRI (ASTM E1980, calculé à partir des deux premières).
  • Chaque valeur s’accompagne du laboratoire, du numéro et de la date du rapport, de l’identification de l’éprouvette, du spectre de référence et d’une incertitude ; sinon, c’est une affirmation commerciale.
  • L’état neuf ne suffit pas : les programmes de classement exigent des valeurs après vieillissement ; la fiche CEE BAT-EN-112 impose un SRI supérieur à 100 neuf et supérieur à 90 vieilli.
  • PrimaTherm® : 95 % de réflectance, 0,89 d’émissivité, SRI 120 à l’état neuf et 119 après 4 000 h de vieillissement accéléré (ISO 16474-3), rapports Tipee à l’appui.
  • Le rapport caractérise un échantillon ; sur votre toiture, la performance dépend de l’épaisseur appliquée et du protocole, d’où le contrôle d’épaisseurs et la fiche de suivi chantier.

Pourquoi un rapport d’essai plutôt qu’une fiche commerciale

Le marché du cool roof s’est construit sur des pourcentages annoncés sans norme ni laboratoire. Pour un acheteur, un directeur de site ou une collectivité, la question n’est pas de savoir si un chiffre est élevé, mais s’il a été mesuré, par qui, sur quel échantillon et dans quel état. L’enjeu est réel : selon l’agence américaine de l’environnement (EPA), une toiture sombre ne renvoie que 5 à 15 % du rayonnement solaire et un bitume noir atteint 74 à 85 °C en plein été, là où une surface très réfléchissante et très émissive plafonne entre 43 et 46 °C ; le Lawrence Berkeley National Laboratory rappelle qu’un toit blanc propre réfléchissant 80 % du rayonnement reste environ 31 °C plus frais qu’un toit gris n’en réfléchissant que 20 %. Le guide de l’indice SRI d’une toiture explique la physique ; cet article s’attache au document.

Les trois normes que doit citer un rapport

ASTM E903 : la réflectance solaire

La norme ASTM E903 couvre la mesure de l’absorptance, de la réflectance et de la transmittance spectrales d’un matériau avec un spectrophotomètre à sphère intégrante, puis le calcul des propriétés solaires pondérées par un spectre solaire de référence, de l’ultraviolet au proche infrarouge — lequel, invisible, représente plus de la moitié de l’énergie solaire selon l’EPA. La norme se limite aux matériaux lisses, demande des précautions pour les surfaces texturées ou ondulées, et exige que le spectre de référence utilisé soit indiqué : ASTM E891 dans les rapports Tipee de PrimaTherm®.

ASTM C1371 : l’émissivité thermique

La norme ASTM C1371 décrit la détermination de l’émissivité de matériaux opaques avec un émissomètre portable à thermopile différentielle, à température proche de l’ambiante, avec une précision annoncée meilleure que ± 0,02 ; elle exclut les matériaux fortement anisotropes ou transparents à l’infrarouge et se prête à des mesures comparatives périodiques sur site pour suivre le vieillissement. C’est la grandeur oubliée des fiches commerciales : l’EPA relève 0,05 à 0,30 d’émissivité pour un bac acier ondulé non peint, contre 0,80 à 0,90 pour une peinture blanche.

ASTM E1980 : le calcul du SRI

La norme ASTM E1980 ne mesure rien : elle calcule l’indice de réflectance solaire d’une surface horizontale ou à faible pente à partir de la réflectance et de l’émissivité mesurées, dans des conditions conventionnelles d’ensoleillement, d’air et de ciel, pour trois vitesses de vent traduites par des coefficients de convection de 5, 12 et 30 W/(m²·K). Le résultat situe la surface entre un noir de référence (SRI 0) et un blanc de référence (SRI 100) ; la norme s’applique aux surfaces d’émissivité supérieure à 0,1. Notre article sur l’indice de réflexion solaire en cool roofing explique pourquoi une valeur supérieure à 100 est possible.

Lire un rapport ligne par ligne : l’exemple des rapports Tipee

Les valeurs de PrimaTherm® proviennent de la plateforme technologique Tipee (Lagord, près de La Rochelle), dont le laboratoire mesure les propriétés optiques des matériaux dans un cadre normé. Le rapport ES-PJ000106-015, qui établit le SRI à l’état neuf, tient en trois pages.

Rubrique Dans le rapport Tipee Pourquoi c’est important
En-tête Laboratoire, adresse, numéro, date d’émission (5 avril 2022) Un rapport se cite et se vérifie ; un « test interne » non daté, non
Référence ASTM E1980-11 (2019), blanc standard à 100, noir standard à 0 La norme et sa version sont nommées
Produit Référence, fournisseur, description, identifiant, date de réception Le produit exact est identifié : une base PH107, pas « la gamme »
Éprouvettes Rugosité, dimensions (150 × 100 mm), épaisseur mesurée (691 ± 27 µm et 632 ± 23 µm) L’épaisseur testée se compare à celle appliquée sur votre toit
Méthodologie E903 avec spectre E891, C1371, calcul E1980, incertitudes selon le GUM Les trois normes sont présentes et chaînées
Résultats Pour 5, 12 et 30 W/(m²·K) : réflectance 0,948 ± 0,019, émissivité avec ± 0,03, SRI 120,1 ± 2,8 puis 120,2 ± 2,7 Une incertitude à 2σ et la mention « les résultats ne valent que pour les objets soumis à essai »

L’incertitude est écrite : 120,1 ± 2,8 est une mesure, « 120 » sans incertitude est un slogan. Le tableau des certifications PrimaTherm® reprend ces valeurs — réflectance 95 % (ASTM E903-12), émissivité 0,89 (ASTM C1371-15), SRI 120 (ASTM E1980) — avec le classement au feu Broof(t3) du rapport CSTB RA23-0010.

Le rapport à l’état vieilli

Le second rapport, ES-PJ000911-003, porte sur l’« échantillon n° 9 d’un lot d’échantillons vieillis artificiellement 4 000 h sous UV-B selon ISO 16474-3 » : réflectance 0,943 ± 0,019 et SRI de 119,2 à 119,4 selon la convection, contre 120 à l’état neuf. La norme ISO 16474-3 (peintures et vernis, lampes fluorescentes UV) alterne cycles d’ultraviolets, de chaleur et d’humidité ; « QUV » est le nom de l’appareil le plus répandu. C’est la ligne qui distingue un produit durable d’un produit brillant le premier été, résumée par la formule « SRI conservé après vieillissement accéléré 4 000 h QUV — durée de vie conventionnelle 20 ans (fiche CEE) ». Nous n’écrivons pas « certifié vingt ans » : ce qui est certifié, c’est la tenue du SRI.

Neuf, vieilli, encrassé : ce que le chiffre neuf ne dit pas

Toutes les surfaces claires perdent en réflectance. La norme ASTM D7897, qui simule en laboratoire l’encrassement et le vieillissement des toitures, l’écrit : la réflectance d’une surface neuve change souvent en un à deux ans, et les programmes de classement exigent des valeurs mesurées après trois ans d’exposition naturelle. L’EPA, citant Bretz et Akbari, indique qu’un revêtement entretenu conserve l’essentiel de sa réflectance, avec une baisse de l’ordre de 20 %, généralement la première année.

Deux approches produisent une valeur vieillie :

  • l’exposition naturelle du Cool Roof Rating Council : trois ans sur des fermes d’essai en Arizona (chaud et sec), en Ohio (froid et tempéré) et en Floride (chaud et humide), puis nouvelle mesure par un laboratoire indépendant accrédité ;
  • le vieillissement accéléré : encrassement et intempéries simulés (ASTM D7897, utilisé par le CRRC pour des classements provisoires obtenus en moins d’une semaine), ou exposition aux UV et à l’humidité (ISO 16474-3, retenue par la fiche CEE française).

Un rapport qui ne donne qu’une valeur neuve est incomplet ; un rapport vieilli sans méthode ni durée ne permet aucune comparaison. Un nettoyage à l’eau basse pression (voir entretien d’un cool roof) restitue la réflectance perdue par encrassement, pas un liant dégradé par les UV.

Ce qu’exigent les référentiels

  • Fiche CEE BAT-EN-112 : le produit doit présenter « un indice de réflectance solaire (SRI) supérieur à 100 à l’état neuf et supérieur à 90 à l’état vieilli, évalué selon la norme ASTM E1980-11 », l’état vieilli s’entendant selon ISO 2810 après vingt années d’exposition ou selon ISO 16474-3 après 4 000 heures de vieillissement artificiel ; durée de vie conventionnelle : 20 ans. L’éligibilité de l’opération reste conditionnelle (tertiaire à usage commercial, volume climatisé chaud et froid par pompe à chaleur), comme l’explique la page aides cool roof 2026.
  • LEED (crédit Heat Island Reduction, version 5, d’après le Cool Roof Rating Council) : toiture à faible pente, SRI initial d’au moins 82 ou vieilli d’au moins 64 ; forte pente, 39 et 32. Voir cool roof et certifications HQE, BREEAM, LEED.

Les pièges d’une fiche produit

  1. Le pourcentage rond sans norme. « Réflectivité 90 pour cent » ne dit ni comment la valeur a été obtenue, ni sur quel spectre, ni dans quel état.
  2. La réflectance sans l’émissivité. Sans ASTM C1371, aucun SRI ne peut être calculé ; un revêtement métallisé peut afficher une réflectance honorable et rester brûlant.
  3. Le laboratoire absent, l’échantillon non identifié. Nom, numéro, date, signature ; produit exact, support, épaisseur : sans cela, vous ne savez pas ce qui a été mesuré.
  4. La valeur neuve seule : pas de comparaison possible, pas d’éligibilité CEE.
  5. La teinte. Les valeurs certifiées de PrimaTherm® concernent le blanc ; une teinte claire réfléchit moins et doit disposer de son propre rapport (voir cool roof blanc ou coloré).
  6. La confusion entre mesure terrain et rapport d’essai. Une caméra thermique donne une température, pas une réflectance. Sur le chantier d’Airbus Marignane, la mesure infrarouge du 19 juin 2026 (28,6 °C sur la zone traitée contre 57,8 °C sur la zone témoin, soit −29 °C) confirme l’effet du revêtement ; elle ne remplace pas le rapport Tipee.

Notre checklist pour choisir un prestataire cool roof reprend ces points sous forme de questions.

Du rapport au toit : le rôle de l’applicateur

Un rapport caractérise un échantillon préparé en laboratoire ; sur une toiture, la performance dépend de la préparation du support, du respect des rendements, des deux passes de base et de l’épaisseur du film. Hélios, applicateur du système PrimaTherm® en quatre couches (primaire PH169, base PH107 en deux passes, finition PH107TCL), joint à chaque proposition les rapports Tipee et le rapport CSTB, puis remet à la réception un contrôle d’épaisseurs, une fiche de suivi chantier et des mesures infrarouge avant et après. Les rapports sont disponibles sur demande dès l’étude gratuite.

Sources

Questions fréquentes

Quelle différence entre réflectance solaire, réflectivité et albédo ?

Réflectance solaire et albédo désignent la même grandeur : la part du rayonnement solaire renvoyée par une surface, mesurée sur l’ensemble du spectre selon ASTM E903 et exprimée de 0 à 1 ou en pourcentage. « Réflectivité » est un terme commercial sans définition normative : il peut recouvrir une mesure dans le seul visible, une valeur de pigment ou un arrondi. Exigez toujours la norme et le rapport.

Un SRI peut-il vraiment dépasser 100 ?

Oui. L’échelle ASTM E1980 est calée sur un noir de référence (0) et un blanc de référence (100) ; une surface qui réfléchit davantage que ce blanc de référence, avec une émissivité comparable, reste plus froide que lui et obtient un indice supérieur à 100. Le rapport Tipee de PrimaTherm® donne 120,1 ± 2,8 à l’état neuf.

Que signifie « état vieilli » dans un rapport d’essai ?

Une mesure réalisée après que l’échantillon a subi un vieillissement défini : trois ans d’exposition naturelle sur fermes d’essai pour le Cool Roof Rating Council, un vieillissement accéléré en laboratoire selon ASTM D7897 pour les classements provisoires, ou 4 000 heures sous lampes UV selon ISO 16474-3 pour la fiche CEE française. Le rapport doit nommer la méthode et la durée, sinon les valeurs vieillies de deux produits ne sont pas comparables.

Un rapport réalisé sur un échantillon de laboratoire vaut-il pour ma toiture ?

Il caractérise le produit, pas votre chantier. Le rapport indique l’épaisseur de l’éprouvette testée ; sur le toit, la performance dépend de la préparation du support, du respect des rendements et de l’épaisseur réellement appliquée. C’est pourquoi un applicateur sérieux remet un contrôle d’épaisseurs, une fiche de suivi et des mesures de température avant et après.

Quels seuils de SRI demandent les référentiels ?

La fiche CEE BAT-EN-112 exige un SRI supérieur à 100 à l’état neuf et supérieur à 90 à l’état vieilli selon ASTM E1980. Le crédit LEED de réduction des îlots de chaleur retient, pour une toiture à faible pente, un SRI initial d’au moins 82 ou vieilli d’au moins 64. Ces seuils s’appliquent au produit ; l’éligibilité d’une opération CEE dépend en plus du bâtiment et de son système de climatisation.

Comment obtenir les rapports d’essais de PrimaTherm® ?

Les rapports Tipee (SRI à l’état neuf et vieilli) et le rapport de classement au feu du CSTB sont joints à chaque proposition Hélios et disponibles sur demande pour un appel d’offres ou un dossier de subvention. Les fiches techniques et les fiches de données de sécurité sont transmises après un premier contact.

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