Ce qu’il faut retenir
- L’indice de réflexion solaire (SRI, Solar Reflectance Index) combine en un seul nombre la réflectance solaire et l’émissivité thermique d’une surface, selon la norme ASTM E1980.
- L’échelle est calée sur un noir de référence (0) et un blanc de référence (100) ; une surface plus performante que ce blanc dépasse 100.
- PrimaTherm® atteint un SRI de 120 à l’état neuf (95 % de réflectance, 0,89 d’émissivité) et 119 après 4 000 h de vieillissement accéléré QUV : le SRI est conservé.
- Un SRI élevé se traduit par une toiture proche de la température de l’air : 25 à 35 °C au lieu de 50 à 70 °C pour une toiture sombre, soit jusqu’à −30 °C.
- Le SRI est le critère commun des référentiels de construction durable, des fiches d’aides et des plans climat : c’est le chiffre à exiger sur une fiche produit.
Qu’est-ce que l’indice de réflexion solaire ?
L’indice de réflexion solaire, ou SRI, mesure la capacité d’une surface à rester fraîche sous le soleil. Il ne se contente pas de dire si la surface est claire : il tient compte de deux propriétés physiques mesurées en laboratoire.
- La réflectance solaire (ou albédo) est la part du rayonnement solaire incident que la surface renvoie, sur l’ensemble du spectre (ultraviolet, visible, infrarouge proche). Elle est mesurée selon ASTM E903. Une toiture sombre en bitume ou en bac acier gris ne renvoie que 5 à 20 % de l’énergie reçue ; une peinture blanche du commerce, 70 à 80 % ; le système PrimaTherm®, 95 %.
- L’émissivité thermique est la capacité de la surface à réémettre, sous forme d’infrarouge lointain, la chaleur qu’elle a absorbée. Elle est mesurée selon ASTM C1371. Un métal nu émet mal (0,1 à 0,3) et reste chaud ; une surface peinte émet bien. PrimaTherm® émet à 0,89.
La norme ASTM E1980 combine ces deux valeurs dans un calcul de température d’équilibre de surface, sous des conditions conventionnelles d’ensoleillement, de vent et de température d’air, et positionne le résultat sur une échelle où un noir de référence (réflectance 0,05, émissivité 0,90) vaut 0 et un blanc de référence (réflectance 0,80, émissivité 0,90) vaut 100. La méthode complète, avec les formules et un exemple, est détaillée sur notre page indice SRI d’une toiture.
Pourquoi un SRI peut dépasser 100
Beaucoup de lecteurs s’étonnent d’un SRI de 120. La raison est simple : le blanc de référence de la norme réfléchit 80 % du rayonnement. Une surface qui en réfléchit 95 % avec une émissivité équivalente reste plus fraîche que ce blanc, donc se situe au-delà de 100 sur l’échelle. Le SRI n’est pas un pourcentage ; c’est un indice de position par rapport à deux références.
Pourquoi le SRI est le bon critère pour comparer des toitures
Deux surfaces peuvent avoir la même couleur apparente et des comportements thermiques très différents : l’une réfléchit l’infrarouge proche, l’autre l’absorbe ; l’une réémet bien la chaleur, l’autre la stocke. La réflectance seule ne dit pas tout, l’émissivité non plus. Le SRI intègre les deux et donne une réponse unique à la question qui compte : à quelle température cette surface va-t-elle se stabiliser en plein soleil ?
C’est pourquoi le SRI est devenu le critère de référence :
- des référentiels de construction durable (HQE, BREEAM, LEED) pour la réduction de l’îlot de chaleur, voir cool roof et certifications HQE, BREEAM, LEED ;
- des plans climat et documents d’urbanisme de plusieurs métropoles, qui commencent à fixer des seuils d’albédo ou de SRI pour les toitures ;
- des fiches d’aides, dont la fiche CEE BAT-EN-112, qui définit le revêtement réflectif par ses caractéristiques mesurées, et dont l’éligibilité reste conditionnelle (tertiaire à usage commercial, volume climatisé chaud et froid par pompe à chaleur) ;
- des cahiers des charges de maîtres d’ouvrage qui veulent comparer des offres sur une base objective.
Ce qu’un SRI élevé change concrètement
Sur la température de surface
Sous un ensoleillement d’été, une toiture sombre atteint 50 à 70 °C. Une toiture à SRI 120 se stabilise entre 25 et 35 °C, soit jusqu’à −30 °C. Ce n’est pas une extrapolation : sur notre chantier de Marignane, la mesure infrarouge du 19 juin 2026 a relevé 28,6 °C sur la zone traitée contre 57,8 °C sur la zone témoin, soit −29 °C, sur 5 900 m² de membrane bitumineuse traités entre avril et juin 2026. Voir la réalisation Airbus Marignane.
Sur le bâtiment
Moins de chaleur en surface, c’est moins de flux à travers l’isolant, un plafond qui ne rayonne plus, et une climatisation qui retrouve des conditions normales : jusqu’à −7 °C ressentis à l’intérieur selon l’isolation, jusqu’à −40 % de consommation de climatisation (15 à 25 % en zone H1, 20 à 30 % en H2, 25 à 40 % en H3). Ces fourchettes sont affinées, site par site, dans l’étude gratuite. Elles contribuent directement à l’objectif du décret tertiaire, qui impose −40 % de consommation d’énergie finale en 2030 pour les bâtiments tertiaires de plus de 1 000 m².
Sur la ville
Une toiture à SRI élevé stocke peu de chaleur le jour et en restitue peu la nuit : c’est la contribution du cool roof à la réduction des îlots de chaleur urbains, détaillée dans notre dossier cool roof et îlot de chaleur urbain.
PrimaTherm® : un SRI de 120, conservé dans le temps
Le système PrimaTherm®, développé par Primacoating et appliqué par Hélios, atteint un SRI de 120 grâce à une formulation en phase aqueuse dont les valeurs sont mesurées par des laboratoires selon les normes de référence :
| Grandeur | Valeur | Norme |
|---|---|---|
| Réflectance solaire | 95 % | ASTM E903-12 |
| Émissivité thermique | 0,89 | ASTM C1371-15 |
| SRI à l’état neuf | 120 | ASTM E1980 |
| SRI après 4 000 h de vieillissement accéléré QUV | 119 | ISO 16474-3 puis ASTM E1980 |
| Comportement au feu extérieur | Broof(t3) | Rapport CSTB RA23-0010 |
Le point décisif n’est pas la valeur initiale mais sa conservation. L’essai QUV soumet des éprouvettes à des cycles d’ultraviolets, de chaleur et de condensation qui simulent des années d’exposition. Après 4 000 h, le SRI mesuré est de 119 : la performance est conservée. La durée de vie conventionnelle retenue par la fiche CEE est de 20 ans. Le détail des rapports figure sur la page certifications PrimaTherm®.
Ce résultat tient au système lui-même : un primaire d’adhérence PH169A, une base réflective PH107 appliquée en deux passes qui porte la réflectance, et une finition PH107TCL anti-encrassement qui protège la base des UV et des salissures. Quatre couches, trois produits, un protocole d’application contrôlé. Voir peinture réfléchissante cool roof PrimaTherm®.
Lire une fiche produit : les pièges à éviter
Le SRI est devenu un argument commercial, ce qui impose de la vigilance. Avant de comparer deux offres, vérifiez :
- La présence des trois valeurs. Une réflectance sans émissivité ne permet pas de calculer un SRI. Une « réflectivité » exprimée sans norme n’est pas une mesure.
- Les normes et le laboratoire. ASTM E903 (ou EN 410 pour certaines mesures européennes) pour la réflectance, ASTM C1371 pour l’émissivité, ASTM E1980 pour le calcul. Le rapport doit être daté et identifiable.
- L’état de la surface testée. Neuve, vieillie, nettoyée ? Un SRI mesuré à l’état neuf n’engage sur rien s’il n’est pas accompagné d’un essai de vieillissement.
- La teinte. Les valeurs certifiées de PrimaTherm® s’appliquent au blanc. Une teinte claire non blanche a nécessairement une réflectance inférieure et doit disposer de son propre rapport d’essai. Voir cool roof blanc ou coloré.
- Le protocole d’application. Un produit à SRI 120 appliqué en une couche trop mince ou sur un support mal préparé ne donnera pas 120 en toiture. Le contrôle des épaisseurs et la fiche de suivi de chantier font partie de la performance.
Le SRI dans la durée : entretien et mesure
L’encrassement (poussières, pollens, dépôts industriels, embruns) réduit la réflectance de toute surface claire. La finition anti-encrassement limite l’adhérence des salissures ; un nettoyage à l’eau basse pression tous les 12 à 15 mois restitue la réflectance. Une inspection annuelle vérifie l’état du film, des relevés et des évacuations. Voir entretien d’un cool roof.
Sur site, la performance se vérifie simplement : thermographie infrarouge de la toiture traitée et d’une zone témoin le même jour, relevés de température sous toiture avant et après application, lecture des compteurs de climatisation sur deux étés comparables. Ces mesures figurent dans le dossier remis à la réception.
Sources
- ASTM E1980, méthode de calcul du Solar Reflectance Index : https://store.astm.org/e1980-11r19.html
- ASTM International, normes E903 et C1371 : https://www.astm.org/
- Primacoating, fabricant du système PrimaTherm® : https://www.primacoating.com/
- ADEME, plateforme OPERAT et décret tertiaire : https://operat.ademe.fr/
- Rapports d’essais PrimaTherm® (réflectance, émissivité, SRI, QUV, feu) : présentés sur la page certifications et disponibles sur demande.
Questions fréquentes
Quel est le SRI de la peinture réfléchissante PrimaTherm® ?
120 à l’état neuf, calculé selon ASTM E1980 à partir d’une réflectance solaire de 95 % (ASTM E903-12) et d’une émissivité thermique de 0,89 (ASTM C1371-15). Après 4 000 h de vieillissement accéléré QUV (ISO 16474-3), le SRI mesuré est de 119 : il est conservé.
Comment un SRI peut-il dépasser 100 ?
L’échelle du SRI est calée sur deux surfaces de référence : un noir standard à 0 et un blanc standard à 100. Une surface qui réfléchit davantage ou réémet mieux que ce blanc de référence reste plus fraîche que lui, et son SRI dépasse mécaniquement 100. Ce n’est pas une anomalie de calcul, c’est le signe d’une performance supérieure au blanc de référence.
Le SRI d’une toiture baisse-t-il avec le temps ?
Toute surface s’encrasse et vieillit, ce qui réduit sa réflectance. La question est de savoir de combien. Pour PrimaTherm®, l’essai de vieillissement accéléré de 4 000 h QUV donne un SRI de 119 contre 120 à l’état neuf ; la finition anti-encrassement et un nettoyage à l’eau basse pression tous les 12 à 15 mois maintiennent la performance en conditions réelles.
Quel SRI faut-il pour qu’un cool roof soit efficace ?
Les référentiels de construction durable et certaines fiches d’aides fixent des seuils, souvent autour de 78 à 100 pour les toitures à faible pente. Plus le SRI est élevé, plus la surface reste proche de la température de l’air : entre un SRI de 80 et un SRI de 120, l’écart de température de surface en plein été se compte en dizaines de degrés.
Où trouver le SRI d’un produit et comment vérifier qu’il est fiable ?
Sur le rapport d’essai du fabricant, qui doit indiquer les normes utilisées (ASTM E903, ASTM C1371, ASTM E1980), le laboratoire, la date et les conditions. Une valeur annoncée sans rapport, ou avec une réflectance seule sans émissivité, ne permet pas de calculer un SRI. Hélios fournit les rapports PrimaTherm® sur simple demande.
