Le paradoxe du puits de lumière
Les lanterneaux, sheds et voûtes translucides ont été conçus pour une bonne raison : apporter de la lumière naturelle dans des bâtiments profonds. Le Code du travail, dans sa section consacrée à l’éclairage, demande d’ailleurs que les locaux de travail disposent autant que possible d’une lumière naturelle suffisante. Le polycarbonate remplit cette mission, mais il laisse aussi passer le rayonnement infrarouge : l’énergie solaire entre, se transforme en chaleur sur les sols, les racks et les machines, et ne ressort plus. Sous chaque lanterneau, l’atelier fonctionne comme une serre.
Le phénomène est masqué tant que toute la toiture chauffe. Il devient évident dès qu’une toiture opaque est traitée en cool roof : la surface passe de 50–70 °C à 25–35 °C, et les lanterneaux restent les seules zones où la chaleur entre encore. Sur une halle ferroviaire ou un atelier avec des sheds sur toute la longueur, ils peuvent représenter l’essentiel des apports résiduels.
Les solutions, et leurs limites
- Remplacer les dômes par des versions opales ou à faible transmission : efficace, coûteux, et souvent inutile si les dômes sont sains.
- Poser des films : leur tenue sur polycarbonate exposé est variable et la pose est délicate sur des dômes bombés.
- Occulter : on perd la lumière et la fonction du lanterneau.
- Appliquer une laque solaire semi-transparente sur la face extérieure : c’est l’option la plus simple sur un chantier de cool roof, parce qu’elle s’applique avec les mêmes moyens, au rouleau ou à l’airless, en même temps que la toiture.
PrimaTherm® LT : ce que dit la fiche technique
La laque PrimaTherm® LT, référence PH107LT du fabricant Primacoating, est une laque blanche antisolaire semi-transparente à base de résines acryliques polyuréthanes en phase aqueuse, formulée pour la protection solaire permanente des puits de lumière et lanterneaux en polycarbonate. Elle s’applique sur la face extérieure des lanterneaux. Sa fiche technique donne deux réglages :
| Application | Apports thermiques solaires | Luminosité naturelle conservée |
|---|---|---|
| Une couche, environ 8 m² par kg | Réduction d’environ 25 % | Environ 75 % |
| Deux couches, environ 4 m² par kg au total | Réduction d’environ 50 % | Environ 50 % |
Le produit est prêt à l’emploi, sans dilution, à faible teneur en composés organiques volatils, avec une bonne résistance aux UV et aux intempéries et une excellente adhérence sur polycarbonate. Il s’applique entre 12 et 35 °C, à plus de 3 °C au-dessus du point de rosée et sous 80 % d’humidité relative, au rouleau ou par pulvérisation airless. Les supports doivent être propres, sains et secs : un nettoyage à l’eau sous moyenne pression suffit en général, avec un traitement anticryptogamique en présence de mousses ou de lichens.
Arbitrer entre chaleur et lumière, poste par poste
La bonne réponse n’est pas la même partout. Au-dessus d’une zone de picking éclairée artificiellement, deux couches réduisent la chaleur de moitié sans que la perte de luminosité se remarque. Au-dessus d’un atelier de contrôle visuel ou d’un poste de mesure, une couche conserve les trois quarts de la lumière tout en retirant un quart de la chaleur. Sur des sheds orientés au nord, qui reçoivent peu de rayonnement direct, la laque n’est parfois pas nécessaire.
Nous procédons en trois temps : un relevé des lanterneaux et de leur orientation pendant la visite technique, une proposition de réglage par zone, et une application phasée avec la toiture. Les exutoires de désenfumage sont protégés puis remis en service à l’identique ; les lanterneaux ouvrants ne sont traités que sur la surface du dôme. Le résultat se mesure comme le reste : température de surface et température sous le lanterneau, avant et après.
Le duo toiture opaque et lanterneaux
L’ordre logique est le suivant : d’abord la toiture opaque, en bac acier ou en membrane, avec le système PrimaTherm® en quatre couches, 95 % de réflectance et SRI 120 ; ensuite les lanterneaux avec la laque LT pour supprimer les points chauds résiduels. Traiter les lanterneaux seuls a un effet réel mais partiel, puisqu’ils ne représentent que quelques pour cent de la surface. Les deux ensemble donnent une toiture homogène, sans zone qui rayonne, ce que recherchent les ateliers industriels, les halles de maintenance et les entrepôts équipés de sheds. Le déroulé complet est décrit dans notre page processus d’installation.
Sources
- Fiche technique PrimaTherm® LT, référence PH107LT, Primacoating, version 2 de mars 2022 (transmise sur demande).
- Code du travail, section « Éclairage », articles R4223-1 à R4223-12, Légifrance.
- Rapports d’essais du système PrimaTherm®, page certifications.
Questions fréquentes
Pourquoi les lanterneaux chauffent-ils autant ?
Le polycarbonate transmet une grande partie du rayonnement solaire, visible et infrarouge, vers l’intérieur, où il est absorbé par les sols, les racks et les machines qui réémettent de la chaleur. C’est l’effet de serre : l’énergie entre, elle ne ressort pas. Sur une toiture opaque traitée, les lanterneaux deviennent alors les principales sources de chaleur du bâtiment.
Que fait la laque solaire PrimaTherm® LT ?
C’est une laque blanche semi-transparente en phase aqueuse, formulée pour le polycarbonate des puits de lumière et lanterneaux, appliquée sur la face extérieure. En une couche, elle réduit d’environ 25 % les apports thermiques dus au rayonnement solaire et conserve environ 75 % de la luminosité ; en deux couches, environ 50 % et 50 %.
Perd-on la lumière naturelle ?
En partie, et c’est un arbitrage à faire poste par poste. Le Code du travail demande que les locaux de travail disposent autant que possible d’une lumière naturelle suffisante. Une couche conserve environ 75 % de la luminosité, ce qui suffit généralement dans un atelier éclairé par ailleurs ; deux couches se réservent aux zones où la chaleur prime sur la lumière.
Les exutoires de désenfumage restent-ils fonctionnels ?
Oui. Les exutoires et lanterneaux ouvrants sont protégés pendant l’application et remis en service à l’identique. Seule la surface du dôme est traitée ; les mécanismes, joints et commandes ne sont pas concernés.
Peut-on traiter les lanterneaux sans traiter la toiture ?
Oui, mais l’effet est partiel. Les lanterneaux représentent quelques pour cent de la surface d’une toiture ; le reste, sombre, continue de rayonner. L’ordre logique est de traiter la toiture opaque avec le système PrimaTherm®, puis les lanterneaux avec la laque LT, pour supprimer les points chauds résiduels.
