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Technique

Bilan carbone d’un cool roof : fabrication, application, climatisation évitée, albédo

Le bilan carbone d’un cool roof se joue sur trois postes : la fabrication d’une peinture en phase aqueuse, une application sans levage ni dépose, et surtout la climatisation évitée pendant une durée de vie conventionnelle de 20 ans. Nous ne publions aucun tonnage de CO₂ évité avant l’étude : voici la méthode, les ordres de grandeur sourcés et les comparaisons qui tiennent.

Mis à jour le 17 septembre 2026 · Hélios Solution Cool Roof

Pourquoi la question se pose

Une toiture réfléchissante est présentée comme un geste pour le climat. Un directeur de site ou un responsable RSE est en droit de demander mieux qu’un slogan : combien coûte le revêtement en carbone, combien il évite, et sur quelle durée. La question devient concrète dès que l’entreprise établit un bilan d’émissions de gaz à effet de serre, répond au questionnaire d’un client ou déclare ses consommations au titre du décret tertiaire. Et le refroidissement n’est pas un poste marginal : selon l’Agence internationale de l’énergie, climatiseurs et ventilateurs représentent près de 20 % de l’électricité consommée dans les bâtiments du monde, et la demande d’énergie pour le rafraîchissement pourrait plus que tripler d’ici 2050 si l’efficacité des équipements ne progresse pas.

La méthode : un cycle de vie, trois postes, un périmètre

Pour un produit de construction, le cadre de référence est la fiche de déclaration environnementale et sanitaire (FDES), publiée sur INIES, la base de données environnementales et sanitaires de référence pour le bâtiment. Elle découpe la vie du produit en étapes : fabrication (A1 à A3), transport et mise en œuvre (A4 et A5), utilisation (B), fin de vie (C). Son indicateur « changement climatique », en kilogrammes de CO₂ équivalent, regroupe, selon INIES, toutes les émissions de gaz à effet de serre du produit tout au long de son cycle de vie.

Les émissions évitées relèvent d’un autre périmètre, celui du bâtiment. Elles se calculent en multipliant les kilowattheures économisés par un facteur d’émission, publié par l’ADEME dans la Base Empreinte, base publique officielle des facteurs d’émission. Le portail notre-environnement.gouv.fr rappelle que ces facteurs intègrent la combustion et la production de l’énergie ; pour l’électricité française, le contenu moyen était de 57 g de CO₂ équivalent par kilowattheure en 2018, avec des valeurs par usage plus élevées, par exemple 147 g pour le chauffage. Une règle en découle : on ne soustrait jamais les émissions évitées des émissions de fabrication sans le dire ; les deux se présentent côte à côte, avec leurs sources.

Poste 1 — fabriquer les produits

Le système PrimaTherm® comprend trois produits en 4 couches : primaire PH169, base réflective PH107 en deux passes, finition PH107TCL. Son fabricant, Primacoating, le présente comme un système cool roof composé de peintures à l’eau, formulé et fabriqué en France, près de La Rochelle, à partir de composants d’origine française ou européenne. Une peinture en phase aqueuse ne contient pas de solvant organique comme diluant, et les teneurs en composés organiques volatils des peintures sont plafonnées par la directive 2004/42/CE.

Quel ordre de grandeur pour la fabrication ? Nous ne publions pas de valeur pour PrimaTherm® : elle relèverait d’une FDES du fabricant. Nous citons en revanche une déclaration vérifiée, publiée sur INIES, pour un produit de même famille chimique. La FDES d’une peinture de finition mate en phase aqueuse (n° INIES 20240940416, vérifiée le 7 novembre 2024, valable jusqu’au 31 décembre 2029) déclare, pour 1 m² de mur intérieur protégé pendant une durée de vie de référence de 10 ans, un indicateur changement climatique total de 0,426 kg de CO₂ équivalent, dont 0,240 kg pour la fabrication. Un système de toiture applique davantage de matière, environ 0,7 L de produit par m² dont 0,5 L pour la base réflective, contre une ou deux couches fines pour une finition décorative : son poste fabrication est donc plus élevé, tout en restant dans l’ordre de grandeur d’une peinture, à comparer aux valeurs d’une toiture neuve données plus bas.

Poste 2 — appliquer sans levage ni dépose

Dans une FDES de peinture, la mise en œuvre pèse moins que la fabrication : 0,152 kg de CO₂ équivalent contre 0,240 kg pour la déclaration citée. Sur une toiture, l’application ajoute le transport de l’équipe et des fûts, le nettoyage à l’eau moyenne pression et l’énergie des pompes. Elle n’ajoute ni grue, ni rotation de camions pour évacuer une ancienne toiture, ni matériaux neufs : la méthode Hélios laisse fûts et machines au sol, seuls les flexibles montent en toiture, et le revêtement se pose sur l’existant sain après reprises ponctuelles. Le processus d’installation détaille ces étapes.

Poste 3 — ce que la toiture évite

La climatisation

C’est le poste qui fait le bilan. Une toiture sombre atteint 50 à 70 °C sous le soleil d’été ; traitée avec un revêtement de réflectance 95 % (ASTM E903-12), d’émissivité 0,89 (ASTM C1371-15) et de SRI 120 (ASTM E1980), elle se stabilise entre 25 et 35 °C. La chaleur qui n’entre pas n’a pas à être extraite : la consommation de climatisation baisse de 15 à 25 % en zone H1, de 20 à 30 % en H2 et de 25 à 40 % en H3, soit jusqu’à −40 % de cette part. Le LBNL situe la physique : par un après-midi d’été, une toiture blanche qui réfléchit 80 % du rayonnement reste environ 31 °C plus fraîche qu’une toiture grise qui n’en réfléchit que 20 %.

Pour convertir ces kilowattheures en émissions, il faut vos données : consommation de climatisation avant et après, idéalement sur un sous-comptage, et facteur d’émission de votre fourniture. C’est pourquoi nous ne publions pas de tonnage : nous fournissons les mesures, vous appliquez votre facteur. Notre guide sur les économies de climatisation explique comment isoler la contribution de la toiture.

La réfection reportée

Le second évitement est moins visible et tout aussi réel. En divisant l’amplitude thermique que subit l’étanchéité, un cool roof ralentit le vieillissement des liants et des joints, donc repousse la réfection, c’est-à-dire un système neuf à fabriquer et à poser. La FDES collective de la Chambre syndicale française de l’étanchéité pour un système bicouche en bitume polymère (n° INIES 20250141456, janvier 2025) déclare, pour 1 m² de toiture étanchée pendant une durée de vie de référence de 30 ans, un indicateur changement climatique total de 13,3 kg de CO₂ équivalent, dont 9,50 kg pour la fabrication et 3,07 kg pour la mise en œuvre. Chaque année gagnée avant cette échéance est une année où ces émissions ne sont pas engagées. Voir cool roof sur toiture bitume.

L’effet d’albédo, documenté par la recherche

Au-delà du bâtiment, une surface claire renvoie vers l’espace une part du rayonnement solaire qui aurait été convertie en chaleur. Les chercheurs du Lawrence Berkeley National Laboratory ont chiffré cet effet à l’échelle de toutes les zones urbaines du monde : en augmentant l’albédo des toitures d’environ 0,25 et celui des chaussées d’environ 0,15, Akbari, Menon et Rosenfeld (Climatic Change, 2009) obtiennent un forçage radiatif négatif équivalent à la compensation d’environ 44 gigatonnes de CO₂ ; Menon et ses coauteurs (Environmental Research Letters, 2010) arrivent, avec un modèle climatique, à environ 57 gigatonnes pour les mêmes hypothèses.

Trois précautions de lecture. C’est un effet de refroidissement direct, exprimé en équivalent CO₂ pour être comparable, et non une émission évitée au sens d’un bilan GES. Il est ponctuel : une surface qui reste claire maintient l’effet, elle ne le cumule pas chaque année comme une économie d’énergie. Il ne s’attribue pas à un bâtiment isolé mais à un parc de toitures, ce qui renvoie aux politiques d’adaptation décrites dans notre dossier sur le cool roof et l’îlot de chaleur urbain.

Durée de vie conventionnelle et fin de vie

La fiche d’opération standardisée BAT-EN-112, qui encadre les certificats d’économies d’énergie pour les revêtements réflectifs en toiture, retient une durée de vie conventionnelle de 20 ans et exige un SRI supérieur à 100 à l’état neuf et supérieur à 90 à l’état vieilli, celui-ci pouvant s’entendre après 4 000 heures de vieillissement artificiel selon l’ISO 16474-3. Le SRI de PrimaTherm® est conservé après ce vieillissement accéléré, à 119 contre 120 à l’état neuf. La prime reste conditionnelle : bâtiment tertiaire à usage commercial, volume fermé et climatisé, chaud et froid produits par pompe à chaleur, avec 160, 170 ou 270 kWh cumac par m² selon la zone H1, H2 ou H3.

En fin de vie, le revêtement ne se dépose pas : sur un support sain, il se nettoie, se contrôle et se recouvre d’une nouvelle base et d’une nouvelle finition. Là où une membrane arrivée au terme de ses 30 ans de durée de vie de référence produit des déchets à évacuer, le cool roof ne renouvelle que les couches utiles. Les rapports d’essais sont présentés sur la page des certifications PrimaTherm®.

Cool roof ou réfection : comparaison qualitative

Poste Cool roof sur support sain Réfection d’étanchéité
Matière fabriquée Trois produits en phase aqueuse, environ 0,7 L/m² Système bicouche neuf, 13,3 kg CO₂e/m² sur 30 ans (FDES CSFE)
Chantier Sans levage, sans dépose, site en activité Dépose, évacuation, levage des rouleaux, zone neutralisée
Déchets Aucun déchet de membrane Ancien complexe à traiter
Effet sur la climatisation Jusqu’à −40 % selon la zone Nul, sauf si le nouveau complexe est clair
Durée 20 ans conventionnels, recouvrable 30 ans de durée de vie de référence
Limite Ne répare pas une étanchéité en fin de vie Nécessaire quand l’étanchéité est hors d’usage

Les deux ne s’opposent pas : un cool roof protège une étanchéité saine et repousse sa réfection ; une réfection reste nécessaire quand le support est hors d’usage, et peut alors être traitée en clair dès le neuf. Notre comparatif cool roof ou toiture végétalisée élargit la comparaison aux autres solutions de toiture.

Le rôle de la toiture réfléchissante dans votre bilan

Dans un bilan d’émissions de gaz à effet de serre, la toiture réfléchissante apparaît dans les consommations d’électricité, donc dans les émissions indirectes liées à l’énergie achetée. Pour qu’elle soit lisible, trois conditions : un sous-comptage de la climatisation ou, à défaut, un relevé par période avant le chantier ; des mesures de température de surface à la réception, zone traitée contre zone témoin ; une correction des différences de climat entre deux étés. Nous fournissons pour chaque chantier les mesures infrarouges, le contrôle d’épaisseurs et le dossier des ouvrages exécutés.

Le même dossier alimente la trajectoire du décret tertiaire pour les bâtiments de plus de 1 000 m², les crédits liés à l’îlot de chaleur des référentiels HQE, BREEAM et LEED et le volet adaptation d’un rapport RSE. La vue d’ensemble des effets environnementaux est présentée sur notre page sur l’impact environnemental du cool roofing, le système lui-même sur la page peinture réfléchissante cool roof, et l’étude gratuite fixe, site par site, le protocole de mesure qui rendra le bilan défendable.

Ce qu’il faut retenir

  • Trois postes : fabriquer (peinture en phase aqueuse), appliquer (sans levage ni dépose), éviter (climatisation, réfection reportée).
  • Fabrication : une FDES vérifiée de peinture de finition en phase aqueuse déclare 0,426 kg CO₂e/m² sur son cycle de vie ; un système bicouche bitumineux neuf, 13,3 kg CO₂e/m² (FDES collective CSFE).
  • Évitement : jusqu’à −40 % de consommation de climatisation selon la zone ; le tonnage se calcule avec vos kilowattheures et le facteur d’émission ADEME, jamais avant l’étude.
  • Albédo : effet radiatif documenté par le LBNL à l’échelle des villes (44 à 57 gigatonnes de CO₂ équivalent pour toutes les zones urbaines du monde), non attribuable à un bâtiment.
  • Durée : 20 ans conventionnels (fiche CEE BAT-EN-112), SRI conservé après 4 000 h QUV, revêtement recouvrable sans déchet de membrane.

Sources

Questions fréquentes

Le bilan carbone d’un cool roof est-il favorable ?

Sur la durée de vie, oui, dès lors que la toiture couvre un volume climatisé ou évite l’installation d’une climatisation. La fabrication et l’application d’une peinture en phase aqueuse pèsent peu au regard des kilowattheures de refroidissement évités chaque été pendant 20 ans. Le solde exact dépend de votre part de climatisation et de votre facteur d’émission ; il se calcule après l’étude, pas avant.

Combien de tonnes de CO₂ un cool roof évite-t-il ?

Nous ne publions pas ce chiffre. Il s’obtient en multipliant les kilowattheures de climatisation évités, mesurés sur vos compteurs, par le facteur d’émission de votre fourniture d’électricité, issu de la Base Empreinte de l’ADEME. Tout tonnage annoncé avant de connaître vos consommations serait une invention.

Une peinture réfléchissante est-elle polluante à fabriquer ?

Le système appliqué est en phase aqueuse, sans solvant, et les teneurs en composés organiques volatils des peintures sont plafonnées par la directive européenne 2004/42/CE. Pour une peinture de finition en phase aqueuse, une fiche de déclaration environnementale vérifiée sur la base INIES situe l’indicateur changement climatique en dessous d’un demi-kilogramme de CO₂ équivalent par mètre carré sur tout le cycle de vie. Un système de toiture en 4 couches consomme davantage de produit ; l’ordre de grandeur reste celui d’une peinture, pas d’une toiture neuve.

L’effet d’albédo compte-t-il dans mon bilan de gaz à effet de serre ?

Non. Les travaux du Lawrence Berkeley National Laboratory décrivent un effet radiatif : une surface claire renvoie vers l’espace une part du rayonnement qui aurait été convertie en chaleur, ce que les chercheurs expriment en équivalent CO₂ à l’échelle de toutes les villes du monde. Ce n’est pas une émission évitée au sens d’un bilan GES d’entreprise et il ne s’attribue pas à un bâtiment isolé. Vous pouvez le mentionner dans un rapport RSE comme contribution à l’adaptation, pas comme tonnage.

Cool roof ou réfection d’étanchéité : lequel émet le moins ?

Sur un support sain, le cool roof n’ajoute qu’un film de peinture et prolonge l’étanchéité en place. Une réfection mobilise la fabrication et la pose d’un système neuf, dont la fiche collective de la profession situe l’impact autour d’une dizaine de kilogrammes de CO₂ équivalent par mètre carré, plus la dépose et l’évacuation de l’ancien complexe. Le cool roof retarde cette échéance ; il ne remplace pas une étanchéité en fin de vie.

Que devient le revêtement au bout de 20 ans ?

La durée de vie conventionnelle de 20 ans est celle que retient la fiche CEE BAT-EN-112 ; le SRI est conservé après 4 000 h de vieillissement accéléré. Au terme de cette période, sur un support sain, le revêtement se nettoie, se contrôle et se recouvre d’une nouvelle base et d’une nouvelle finition, sans dépose ni déchet de membrane.

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