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Technique

Supermarché et chaîne du froid : les températures à tenir, et ce que la toiture change

Un supermarché doit tenir des températures fixées par la réglementation européenne et française, de −18 °C pour les surgelés à +2 °C pour la viande hachée, quelle que soit la chaleur qu’il fait dehors. Or la toiture est la première source de chaleur d’un magasin de plain-pied en été : la rendre réfléchissante soulage directement les meubles frigorifiques, les groupes froids et la climatisation.

Mis à jour le 17 septembre 2026 · Hélios Solution Cool Roof

Ce que la chaîne du froid impose à un magasin

Le socle est européen. Le règlement (CE) n° 852/2004 impose à tout exploitant du secteur alimentaire des procédures fondées sur les principes HACCP et précise, dans son annexe II, que les denrées susceptibles de favoriser la multiplication de micro-organismes pathogènes « ne doivent pas être conservées à des températures qui pourraient entraîner un risque pour la santé » et que « la chaîne du froid ne doit pas être interrompue ». Le règlement (CE) n° 853/2004 fixe ensuite des températures par famille de produits d’origine animale : 7 °C au plus pour les viandes d’ongulés, 3 °C pour les abats, 4 °C pour les volailles, 2 °C pour les viandes hachées, 4 °C pour les préparations de viandes, et une température « approchant celle de la glace fondante » pour les produits de la pêche frais.

En France, l’arrêté du 21 décembre 2009 reprend ces valeurs pour le commerce de détail, l’entreposage et le transport, et les complète dans son annexe I. Les surgelés relèvent en plus de la directive 89/108/CEE : −18 °C en tout point du produit, avec de brèves fluctuations vers le haut de 3 °C au maximum pendant le transport et la distribution locale.

Denrée (arrêté du 21 décembre 2009, annexe I) Température maximale
Glaces, viandes hachées et produits de la pêche congelés −18 °C
Autres denrées congelées −12 °C
Viandes hachées, viandes séparées mécaniquement, produits de la pêche frais +2 °C
Abats d’ongulés, préparations culinaires élaborées +3 °C
Volailles, préparations de viandes, lait cru, ovoproduits, denrées très périssables +4 °C
Carcasses de viandes d’ongulés +7 °C
Denrées périssables +8 °C

Ces maxima s’entendent « en tous points du produit ». Pour les produits congelés et les glaces, l’arrêté admet un écart de 3 °C en surface pendant de brèves périodes, au chargement, au déchargement ou en présentation à la vente ; il n’admet pas une réserve à 30 °C tout l’après-midi. Pour les surgelés, le règlement (CE) n° 37/2005 impose en entrepôt et en transport des enregistreurs de température conformes aux normes EN 12830, EN 13485 et EN 13486, avec des relevés datés conservés au moins un an ; les meubles de vente et les chambres froides de moins de 10 m³ peuvent se contenter d’un thermomètre visible. Ces relevés sont la mémoire du magasin : un contrôle officiel commence par là.

Où va l’électricité d’un supermarché

Le froid alimentaire est le premier poste. Une campagne de mesures menée pour l’ADEME sur un supermarché de moyenne surface (rapport Enertech, 2001) a chiffré la part des appareils de froid à 56 % de la consommation annuelle d’électricité, devant l’éclairage ; froid et éclairage réunis représentaient 83 % du total. Surtout, la part du froid montait à environ 60 % en été, contre la moitié en hiver, et les sept mois d’avril à octobre concentraient 61 % de la consommation de l’année : le rapport note que la consommation de froid est « fortement liée à la température extérieure ».

Le règlement (UE) 2019/2024, qui fixe les exigences d’écoconception des appareils de réfrigération à fonction de vente directe, dit quelque chose d’important pour un directeur de magasin : les performances des meubles frigorifiques de vente sont mesurées dans une ambiance de 25 °C et 60 % d’humidité relative (30 °C et 55 % pour les congélateurs de crèmes glacées). Un meuble ouvert placé dans une surface de vente à 28 ou 30 °C fonctionne hors de ses conditions nominales : le rideau d’air se dégrade, le givrage augmente, les dégivrages se multiplient et la consigne devient difficile à tenir aux heures d’affluence.

Un magasin de plus de 1 000 m² est par ailleurs assujetti au dispositif Éco Énergie Tertiaire, qui lui impose de réduire sa consommation d’énergie finale de 40 % en 2030 ; notre article sur le décret tertiaire en détaille les règles. Le froid ne se coupe pas : il faut réduire ce qui le fait travailler.

Le rôle de la toiture dans la charge des groupes froids

Un supermarché est un bâtiment de plain-pied : sa toiture est souvent la plus grande surface exposée au soleil, bien davantage que ses façades. En bac acier, en bitume ou en membrane sombre, elle atteint 50 à 70 °C sous le soleil d’été et transmet cette chaleur vers la surface de vente, les réserves et les laboratoires, par conduction à travers l’isolant puis par rayonnement du plafond. Ce mécanisme, décrit sur notre page cool roofing, se lit ensuite à quatre endroits :

  1. Dans les meubles ouverts, qui échangent en permanence avec l’air de la surface de vente : chaque degré en plus est une charge supplémentaire.
  2. Sur les groupes froids. Les condenseurs sont en toiture ou en façade, dans l’air le plus chaud du site ; plus cet air est chaud, plus la température de condensation monte et plus les compresseurs consomment pour rejeter la même chaleur.
  3. Dans les chambres froides et les réserves, situées sous la toiture, où le flux de chaleur permanent allonge les cycles des évaporateurs et fragilise les consignes sur les quais, maillon faible de la chaîne du froid comme le décrit notre page agroalimentaire et froid.
  4. Sur la climatisation de confort, qui se cumule avec le froid alimentaire aux mêmes heures et fait de la pointe estivale la période la plus chère de l’année.

Ce mécanisme a été mesuré. Le Lawrence Berkeley National Laboratory a instrumenté un grand magasin de détail de 9 300 m² à Austin (Texas) avant et après le remplacement de sa membrane noire par une membrane blanche : la température maximale de surface de la toiture est passée de 76 °C à 52 °C, la consommation journalière de climatisation a baissé de 11 % (39 Wh par m² de toiture et par jour), la puissance appelée entre 13 h et 16 h de 14 %, et l’air du plénum sous toiture est passé de 38 °C à 35 °C. Le bâtiment disposait pourtant d’une isolation de toiture, qualifiée de modérée par les auteurs : l’effet vient de la source de chaleur, pas de l’isolant.

Les solutions, du meuble à la toiture

Les leviers connus de la distribution restent valables et se cumulent : portes vitrées sur les meubles à température positive (opération visée par la fiche CEE BAT-EQ-124), rideaux de nuit, éclairage LED des meubles, régulation de la haute pression selon la température extérieure, nettoyage des condenseurs, récupération de chaleur des groupes. Tous agissent sur la manière dont le froid est produit ou conservé. Un seul agit sur la quantité de chaleur qui entre dans le bâtiment : la toiture.

Ce qu’une toiture réfléchissante change sur un magasin

Le système PrimaTherm® appliqué par Hélios est un revêtement en 4 couches — primaire PH169, base réflective PH107 en deux passes, finition anti-encrassement PH107TCL — dont les performances sont mesurées en laboratoire : réflectance solaire de 95 % (ASTM E903-12), émissivité de 0,89 (ASTM C1371-15), SRI de 120 (ASTM E1980), conservé après vieillissement accéléré 4 000 h QUV — durée de vie conventionnelle 20 ans (fiche CEE) —, classement au feu Broof(t3) (rapport CSTB RA23-0010).

Sur la toiture, la surface passe de 50–70 °C à 25–35 °C, soit jusqu’à −30 °C ; à la réception du chantier d’Airbus Marignane (5 900 m² de membrane bitumineuse), la mesure infrarouge du 19 juin 2026 donnait 28,6 °C sur la zone traitée contre 57,8 °C sur la zone témoin, soit −29 °C. Pour un magasin, cela signifie moins de chaleur rayonnée sur la surface de vente (jusqu’à −6 °C ressentis selon l’isolation), des meubles ouverts qui retrouvent une ambiance proche de leurs conditions d’essai, des condenseurs qui travaillent dans un air moins chaud, et une climatisation dont la consommation baisse de 15 à 25 % en zone H1, 20 à 30 % en H2, 25 à 40 % en H3, soit jusqu’à −40 % de ce poste. Les groupes froids ne sont plus poussés en butée aux heures de pointe : c’est le premier bénéfice que remontent les responsables techniques, avant même la facture.

Le chantier se fait magasin ouvert, sans grue sur le parking et sans neutraliser les quais : fûts et machines restent au sol dans une zone balisée, seuls les flexibles montent en toiture. L’application demande un support sec et une température de 12 à 35 °C, ce qui place la fenêtre idéale au printemps. Les lanterneaux reçoivent la laque PrimaTherm® LT pour supprimer l’effet de serre sans perdre la lumière (une couche, environ −25 % de lumière transmise ; deux couches, environ −50 %).

Côté financement, la fiche CEE BAT-EN-112 vise précisément les bâtiments tertiaires à usage commercial dont le volume est climatisé, en chaud et en froid, par pompe à chaleur ; les forfaits sont de 160, 170 et 270 kWh cumac par m² selon la zone H1, H2 ou H3, et l’éligibilité se vérifie site par site avant la signature. MaPrimeRénov’ ne couvre pas le cool roof. Notre guide sur la fiche BAT-EN-112 et les kWh cumac détaille la démarche ; nos pages grande distribution et centres commerciaux décrivent le phasage par zones : surface de vente, réserves, drive, galerie.

Pour votre plan de maîtrise sanitaire, nous fournissons les mesures infrarouges avant et après, le contrôle d’épaisseurs et le dossier des ouvrages exécutés ; vos enregistreurs de température montreront le reste. L’étude gratuite — métré satellite, analyse du support, part du froid et de la climatisation dans vos factures, pré-qualification CEE — est rendue sous 48 h.

Ce qu’il faut retenir

  • Réglementation : règlements (CE) n° 852/2004 et 853/2004, arrêté du 21 décembre 2009 (annexe I), directive 89/108/CEE (surgelés à −18 °C), règlement (CE) n° 37/2005 (enregistrement des températures).
  • Énergie : le froid est le premier poste d’électricité d’un supermarché (56 % sur l’année, environ 60 % en été selon la campagne ADEME/Enertech) et suit la température extérieure.
  • Toiture : une toiture sombre à 50–70 °C charge les meubles ouverts, les condenseurs, les réserves et la climatisation ; à Austin, une toiture blanche a réduit de 11 % la climatisation journalière d’un magasin de 9 300 m².
  • PrimaTherm® : réflectance 95 %, émissivité 0,89, SRI 120, Broof(t3) ; jusqu’à −30 °C en surface, jusqu’à −40 % de climatisation selon la zone, chantier magasin ouvert et sans levage.
  • Aides : CEE BAT-EN-112 sous conditions ; MaPrimeRénov’ ne couvre pas le cool roof.

Sources

Questions fréquentes

Quelles températures un supermarché doit-il respecter ?

L’annexe I de l’arrêté du 21 décembre 2009 fixe des maxima en tous points du produit : −18 °C pour les surgelés et les glaces, +2 °C pour les viandes hachées et les produits de la pêche frais, +3 °C pour les abats, +4 °C pour les volailles, les préparations de viandes, le lait cru et les denrées très périssables, +7 °C pour les carcasses d’ongulés et +8 °C pour les denrées périssables. Pour les produits congelés, un écart de 3 °C en surface est toléré pendant de brèves périodes, au chargement ou en présentation à la vente.

Un magasin doit-il enregistrer les températures ?

Pour les surgelés, le règlement (CE) n° 37/2005 impose des enregistreurs de température dans les entrepôts et les moyens de transport, avec des relevés datés conservés au moins un an ; les meubles de vente et les petites chambres froides peuvent se limiter à un thermomètre visible. Pour le reste, le plan de maîtrise sanitaire fondé sur les principes HACCP prévoit des relevés réguliers et des actions correctives en cas de dérive.

Pourquoi la toiture pèse-t-elle sur les groupes froids ?

Sur un magasin de plain-pied, la toiture est la plus grande surface exposée au soleil et monte à 50–70 °C si elle est sombre. Cette chaleur réchauffe la surface de vente, donc les meubles ouverts, et l’air dans lequel travaillent les condenseurs ; plus la température de condensation est élevée, plus les compresseurs consomment. La campagne de mesures réalisée pour l’ADEME montre d’ailleurs une part du froid plus élevée en été qu’en hiver.

Un cool roof suffit-il à sécuriser la chaîne du froid ?

Non : il réduit la chaleur qui entre par la toiture, jusqu’à −30 °C en surface et jusqu’à −40 % de climatisation selon la zone, mais il ne remplace ni les meubles fermés, ni la régulation, ni l’entretien des groupes. Il s’ajoute à ces leviers et leur redonne de la marge aux heures de pointe, quand la surface de vente et les condenseurs ne subissent plus une toiture à 65 °C.

Faut-il fermer le magasin pendant le chantier ?

Non. Les fûts et les machines restent au sol dans une zone balisée, seuls les flexibles montent en toiture : pas de grue sur le parking, pas de quai neutralisé, pas d’intervention dans les zones alimentaires. Le chantier se phase par zones et s’applique sur support sec entre 12 et 35 °C, idéalement au printemps.

Un supermarché est-il éligible à la prime CEE pour un cool roof ?

Sous conditions. La fiche BAT-EN-112 vise les bâtiments tertiaires à usage commercial dont le volume est climatisé, en chaud et en froid, par pompe à chaleur, avec des forfaits de 160, 170 ou 270 kWh cumac par m² selon la zone H1, H2 ou H3. L’éligibilité se vérifie site par site avant la signature du devis, et MaPrimeRénov’ ne couvre pas le cool roof.

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