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Réglementation

Plan canicule en établissement scolaire : cadre, seuils, mesures et rôle de la toiture

Depuis mai 2026, l’Éducation nationale dispose d’un plan ministériel de gestion des vagues de chaleur, adossé à la vigilance Météo-France et au plan national actualisé en 2024. Ce guide en donne le cadre, les seuils et les mesures immédiates, puis les solutions passives du bâti recommandées par le guide Bâti scolaire, dont la couleur claire de la toiture.

Mis à jour le 17 septembre 2026 · Hélios Solution Cool Roof

Pourquoi l’école est en première ligne

La circulaire du 27 mai 2026 qui institue le plan ministériel de gestion des vagues de chaleur le constate : en 2025, la France a connu deux épisodes, en juin et en août, et le premier a affecté le fonctionnement d’un nombre important d’établissements scolaires. Météo-France annonce des vagues de chaleur qui pourront survenir dès le mois de mai et s’étendre jusqu’en octobre, et le ministère de la Transition écologique retient que le nombre de jours de vagues de chaleur sera multiplié par cinq d’ici 2050 par rapport à la période 1976-2005. Les jeunes enfants y sont plus sensibles : déshydratation, malaise, dans les cas extrêmes décès.

Le bilan de Santé publique France pour l’été 2025 donne la mesure du risque : plus de 5 700 décès attribuables à la chaleur sur la période de surveillance, dont plus de 1 900 pendant les seuls épisodes de canicule, et les enfants de moins de 15 ans ont représenté 24 % des consultations de SOS Médecins liées à la chaleur. Le calendrier scolaire aggrave l’exposition : la fin juin concentre les examens, la rentrée de septembre tombe sur des épisodes désormais fréquents, et le bâti, conçu pour l’hiver, cumule toitures-terrasses bitumées, préaux en bac acier et classes du dernier étage. Notre page cool roof pour les écoles décrit ces bâtiments ; cet article se concentre sur le cadre et les mesures.

Le cadre : un plan national, une instruction sanitaire, un plan ministériel

Le plan national de gestion des vagues de chaleur

Présenté le 8 juin 2023 et mis à jour en 2024, il compte 27 actions, dont 15 mesures phares, organisées autour de quatre publics : le grand public, les jeunes et les personnes vulnérables, les travailleurs et les entreprises, les sportifs et les spectateurs. Deux actions concernent directement les écoles. L’action 9 prévoit qu’un contrôle annuel, au printemps, du bon fonctionnement des équipements de confort d’été (ouverture des fenêtres, présence et fonctionnement des stores, ventilation mécanique, présence d’une pièce rafraîchie) soit réalisé dans toutes les écoles et crèches, sous la responsabilité du chef ou du directeur d’établissement, en lien avec le propriétaire des bâtiments, le plus souvent la commune. L’action 10 organise le contrôle des locaux rafraîchis capables d’accueillir les épreuves du brevet et du baccalauréat. Le plan renvoie enfin à deux fiches d’aide à la décision pour la fermeture des écoles primaires et des accueils collectifs de mineurs.

L’instruction interministérielle du 27 mai 2024

Signée notamment par le ministre de l’Intérieur, la ministre de la Santé et la ministre de l’Éducation nationale, elle organise la gestion sanitaire des vagues de chaleur pendant la période de surveillance estivale, du 1er juin au 15 septembre, dans le cadre de la disposition spécifique ORSEC de chaque département. Elle fixe le vocabulaire : « alerte canicule » en vigilance orange, « alerte canicule extrême » en vigilance rouge. Pour les employeurs, l’instruction de la Direction générale du travail du 22 mai 2026 en reprend le calendrier et rappelle les obligations nées du décret du 27 mai 2025, détaillées dans notre article sur les obligations de l’employeur face à la chaleur.

Le plan ministériel de l’Éducation nationale

Publié au Bulletin officiel n° 22 du 28 mai 2026, c’est le premier plan de gestion de ce risque propre au ministère. Il s’applique aux écoles et établissements publics et privés des premier et second degrés, en partenariat avec les collectivités, les préfectures et les agences régionales de santé. Chaque académie le décline, y compris outre-mer, et adapte « les seuils de référence et de déclenchement des mesures ». Trois obligations structurent le dispositif :

  1. un diagnostic de vulnérabilité à la chaleur des écoles et établissements, établi avec les collectivités propriétaires, et une cartographie des établissements les plus exposés, qui sert à adapter le fonctionnement et à prioriser le financement des rénovations ;
  2. des modalités de veille, d’alerte et de signalement confiées aux services de défense et de sécurité académiques, avec des actions de sensibilisation des personnels, des élèves et des familles ;
  3. lors d’une vague de chaleur, des mesures de protection et d’aménagement du fonctionnement, examens compris, la fermeture n’étant décidée qu’en dernier recours, après dialogue entre le préfet, les autorités académiques et le maire, avec activation du plan de continuité pédagogique.

Vigilance Météo-France : niveaux et seuils

La vigilance canicule fonctionne du 1er juin au 15 septembre, période qui peut être avancée ou prolongée. Les prévisionnistes confrontent les prévisions aux indices biométéorologiques établis avec Santé publique France : les températures minimales et maximales en moyenne sur trois jours glissants, comparées à des seuils propres à chaque département. Les cartes sont réactualisées au moins deux fois par jour, pour la journée en cours et le lendemain.

Niveau Situation Ce que cela implique pour un établissement
Vert Pas de vigilance particulière Veille saisonnière, contrôle de printemps des équipements
Jaune Pic de chaleur d’un ou deux jours, ou épisode persistant de plus de trois jours Mesures d’organisation ; pour les personnels, l’employeur doit agir dès ce niveau
Orange Canicule : chaleur intense pendant au moins trois jours et trois nuits consécutifs Alerte canicule : mesures renforcées, dialogue préfet, académie, maire
Rouge Canicule extrême par sa durée, son intensité et son extension Alerte canicule extrême : aménagements maximaux, fermeture possible

Seuils de température : ce qui existe et ce qui n’existe pas

Aucun seuil national ne déclenche à lui seul la fermeture d’une classe : le plan ministériel confie aux académies l’adaptation des seuils, et la décision tient compte de l’intensité locale, de la performance du bâti et de l’habitude du territoire. Trois repères servent néanmoins de boussole.

  • Le confort : le guide Bâti scolaire considère qu’une température d’air comprise entre 24 et 27 °C, avec une humidité relative de 30 à 70 %, constitue une valeur satisfaisante d’été, et fixe pour une salle rafraîchie une consigne supérieure à 26 °C en limitant l’écart avec l’extérieur à 7 °C.
  • Les personnels : l’INRS retient 28 °C pour un travail physique et 30 °C pour une activité sédentaire comme repères pour agir en prévention.
  • L’employeur : depuis le 1er juillet 2025, le décret n° 2025-482 (articles R. 4463-1 à R. 4463-8 du code du travail), applicable aux employeurs publics, impose d’évaluer le risque de chaleur intense, défini par les vigilances jaune, orange et rouge, et de prendre des mesures : organisation, eau potable fraîche, et « dispositifs limitant le rayonnement solaire ou l’accumulation de chaleur » dans les locaux.

Mesures immédiates pendant l’épisode

Le guide « Améliorer le confort thermique des bâtiments scolaires pendant les vagues de chaleur », diffusé en juin 2020 par la cellule Bâti scolaire du ministère, dresse la liste des gestes à faible coût que le plan national demande de rappeler chaque année :

  • surventiler la nuit et le matin, dès que l’air extérieur est plus frais d’environ 3 °C que l’air intérieur, puis garder les fenêtres fermées en journée ;
  • maintenir les occultants fermés (volets, stores extérieurs) sur les façades ensoleillées, et vérifier leur fonctionnement avant l’été ;
  • brasser l’air et ouvrir une salle refuge rafraîchie, de préférence un grand espace fermé ;
  • faire boire régulièrement les élèves, les inviter à se mouiller la peau, adapter l’alimentation ;
  • réduire les activités physiques et supprimer les sorties aux heures les plus chaudes ;
  • adapter les horaires lorsque c’est possible : commencer plus tôt le matin, comme l’ont testé trois écoles de Montélimar en juin 2024 ; les examens relèvent en revanche de décisions nationales.

Solutions passives du bâti : ce que recommande le guide Bâti scolaire

Le même guide consacre sa seconde partie aux travaux, et son auto-diagnostic pondère les facteurs du confort d’été. Deux d’entre eux concernent la toiture, notés parmi les plus influents : « le niveau d’isolation, la nature et la couleur des toitures » et « les protections solaires des toitures (végétalisation, dispositifs réfléchissants) ».

Mesure Ce que dit le guide Mise en œuvre
Protections solaires extérieures Stores ou volets extérieurs de couleur claire, dispositifs fixes au sud Maintenance et gros entretien
Surventilation nocturne Ouvrants sécurisés, automatisation de la ventilation mécanique Réglage, automatisation
Isolation des toitures et des combles Forte exposition des toitures, isolants à fort déphasage, ventilation des combles Rénovation lourde
Couleur et traitement de la toiture Couleurs claires des parois, matériaux réfléchissants sur toitures plates, « dispositifs de protection ou réfléchissants en toiture ou encore leur blanchiment », effet notamment dans les étages supérieurs Quelques jours, pendant les vacances
Cours et abords Revêtements perméables et clairs, végétalisation, zones d’ombre, brumisateurs selon la ressource en eau Programmation pluriannuelle

Le fil conducteur est clair : avant de rafraîchir l’air, il faut empêcher la chaleur d’entrer, et la toiture est la surface la plus exposée d’un groupe scolaire de plain-pied. Le Fonds vert 2026 soutient ces travaux dans un projet de rénovation énergétique globale, et explicitement la protection des toitures en outre-mer.

Le rôle de la toiture réfléchissante

Une toiture-terrasse bitumée ou un bac acier sombre atteint 50 à 70 °C en plein soleil et rayonne vers les classes du dessous jusqu’en soirée. Traitée avec le système PrimaTherm® en 4 couches (primaire PH169, base réflective PH107 en deux passes, finition anti-encrassement PH107TCL), elle reste entre 25 et 35 °C, soit jusqu’à −30 °C en surface ; −29 °C ont été mesurés par infrarouge à la réception d’un chantier de 5 900 m² le 19 juin 2026. Les performances sont mesurées en laboratoire : réflectance solaire 95 % (ASTM E903-12), émissivité 0,89 (ASTM C1371-15), SRI 120 (ASTM E1980), conservé à 119 après 4 000 h de vieillissement accéléré QUV, classement au feu Broof(t3) (rapport CSTB RA23-0010), qui répond à la commission de sécurité d’un établissement recevant du public. Dans les classes, le gain va jusqu’à −6 °C ressentis selon l’isolation, et surtout la chaleur qui « tombe du plafond » disparaît, sans consommer un kilowattheure ni ajouter de bruit.

C’est le choix qu’a fait la commune pour l’école de Saint-Laurent-d’Agny : 600 m² de membrane bitumineuse traités pendant l’été 2026, sans grue ni voirie réservée, fûts et pompe au sol dans l’enceinte, produits en phase aqueuse. Les lanterneaux de préaux et de cantines reçoivent la laque PrimaTherm® LT, une couche pour environ −25 % de lumière transmise, deux pour environ −50 %, décrite dans notre article sur les lanterneaux en polycarbonate. Le changement de couleur d’une toiture relève en général d’une déclaration préalable (article R. 421-17 du code de l’urbanisme), que nous vérifions avec la commune.

Le calendrier s’aligne sur celui du plan : diagnostic de vulnérabilité et contrôle de printemps, puis étude gratuite sous 48 h, chantier pendant les vacances d’été entre 12 et 35 °C, mesures de température à la rentrée pour alimenter la cartographie et le dossier de financement. Les bâtiments publics voisins, gymnases, crèches et centres de loisirs, suivent la même logique ; pour ceux qui sont climatisés, le simulateur donne une première fourchette d’économies.

Ce qu’il faut retenir

  • Trois textes cadrent la canicule à l’école : le plan national de gestion des vagues de chaleur (27 actions, mis à jour en 2024), l’instruction sanitaire du 27 mai 2024 (surveillance du 1er juin au 15 septembre) et le plan ministériel de l’Éducation nationale du 27 mai 2026.
  • Le plan ministériel impose un diagnostic de vulnérabilité, une cartographie des établissements exposés et une fermeture seulement en dernier recours, après dialogue entre préfet, académie et maire.
  • La vigilance Météo-France (jaune, orange, rouge) repose sur des moyennes de températures sur trois jours comparées à des seuils départementaux ; l’employeur, public compris, doit agir dès le jaune.
  • Le guide Bâti scolaire classe la couleur et les protections réfléchissantes des toitures parmi les facteurs les plus influents du confort d’été.
  • Un cool roof PrimaTherm® ramène la toiture de 50–70 °C à 25–35 °C, jusqu’à −6 °C ressentis dans les classes, posé pendant les vacances, sans grue ; CEE et MaPrimeRénov’ ne s’appliquent pas, le Fonds vert peut, sous conditions.

Sources

Questions fréquentes

Existe-t-il une température maximale réglementaire dans une salle de classe ?

À notre connaissance, aucun texte national ne fixe de température maximale pour les élèves : le plan ministériel de 2026 renvoie à chaque académie l’adaptation des seuils de référence et de déclenchement des mesures. Pour les personnels, l’INRS donne comme repères de prévention 28 °C pour un travail physique et 30 °C pour une activité sédentaire, et le décret du 27 mai 2025 impose à l’employeur, public compris, d’évaluer le risque et d’agir dès la vigilance jaune de Météo-France.

Qui décide de fermer une école pendant une canicule ?

La fermeture est exceptionnelle. Le plan ministériel prévoit qu’elle n’intervient que si aucun aménagement ne permet d’accueillir élèves et personnels en sécurité, à l’issue d’un dialogue entre le préfet, les autorités académiques et le maire, avec activation du plan de continuité pédagogique. Le plan national de gestion des vagues de chaleur fournit une fiche d’aide à la décision pour les écoles primaires.

Que signifient les couleurs de la vigilance canicule ?

Le jaune signale un pic de chaleur d’un ou deux jours ou un épisode persistant de plus de trois jours ; l’orange une canicule, c’est-à-dire une chaleur intense pendant au moins trois jours et trois nuits consécutifs ; le rouge une canicule extrême par sa durée, son intensité et son extension géographique. Les prévisions sont comparées à des seuils propres à chaque département, du 1er juin au 15 septembre.

Une toiture réfléchissante suffit-elle à rendre une école confortable en juin ?

Non, et le guide Bâti scolaire ne le prétend pas : il combine protections solaires des baies, surventilation nocturne, isolation des combles, végétalisation des cours et couleur claire des toitures. Le cool roof supprime la chaleur rayonnée par le plafond, jusqu’à −6 °C ressentis selon l’isolation, et rend les autres mesures efficaces ; il ne remplace ni l’eau, ni l’ombre, ni l’organisation des journées.

Comment financer le traitement de la toiture d’une école ?

Pas avec la prime CEE de la fiche BAT-EN-112, réservée au tertiaire à usage commercial climatisé en chaud et en froid par pompe à chaleur, ni avec MaPrimeRénov’, qui ne couvre pas le cool roof. Les leviers d’une collectivité sont le Fonds vert, dans un projet de rénovation énergétique globale ou en outre-mer, où la protection des toitures contre le rayonnement est explicitement soutenue, les dotations d’investissement de l’État et les programmes régionaux. Nous fournissons les pièces techniques du dossier.

Quand réaliser les travaux sans perturber l’année scolaire ?

Pendant les vacances d’été, qui coïncident avec la fenêtre d’application du système, entre 12 et 35 °C sur support sec. Une école de quelques centaines de m² se traite en quelques jours, sans grue dans la cour : fûts et pompe au sol, seuls les flexibles montent en toiture. La visite technique a lieu au printemps, dans le calendrier du contrôle annuel des équipements de confort d’été.

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